La 3D c’est du passé

Il faut que je vous dise, je déteste les films en 3D.

Non, comprenez-moi bien, ce n’est pas que la 3D m’agace un peu ou m’incommode légèrement. Elle me les brise carrément menu, si vous me permettez l’usage de cette expression aussi familière que fidèle à mes sentiments.

Pourquoi ? Parce que la 3D ne sert à rien.

Enfin quand je dis « à rien », j’exagère. Elle ne nous sert à rien à nous, les moutons spectateurs, hein. Parce qu’elle sert à gagner plus de pognons aux exploitants de salles (en surtaxant les séances ou louant/vendant des lunettes) et aux producteurs (ah, le bonheur de pouvoir sortir une deuxième fois Star Wars et Titanic juste en ajoutant un « 3D » à l’affiche et un pauvre effet de profondeur à l’image… good money, minimum effort).

« Pour chaque dollar dépensé sur un film 3D le retour sur investissement moyen au box office mondial est de $3.69 alors qu’il est en moyenne de $2.51 pour un film en 2D. »
Traduction libre de « The Rise of 3D« 

Non parce que franchement, qu’apporte la 3D à un film sur le plan artistique ? Une fois passé l’effet « ouah on dirait qu’il neige dans la salle » ou « oh comme la falaise a l’air d’être haute » ressenti lorsque l’on assiste à sa première projection, le relief devient plutôt anecdotique voir carrément encombrant (voir à ce titre l’excellent The Hobbit de Peter Jackson dans lequel la 3D passe inaperçue).

Jusqu’ici, vous me direz que c’est une question de goût et que je suis certainement en train de virer vieux schnock, ce qui est parfaitement plausible.

Permettez tout de même que je pousse mon petit coup de gueule (et même si vous permettez pas, je vais quand-même le faire, je suis chez moi ici, non mais). Je me moquerais totalement de la 3D si:

  • j’avais le choix entre 3D et 2D (j’habite dans une petite ville et ce choix n’existe pas).
  • les séances n’étaient pas surtaxées.
  • la luminosité du film n’était pas pourrie par les filtres polarisants des lunettes.
  • elle ne se faisait pas au détriment de la qualité scénaristique.
Et ce dernier point est tellement important que je vais révéler un secret bien gardé, à l’attention des studios Hollywoodiens:
« Selon une étude scientifique très poussée, il semblerait que projeter un film en 3D ne donne pas de profondeur aux personnages. »
Etude sur l’impact de la 3D sur la qualité des productions cinématographiques au 21e siècle, Moi-même et Al, MacBrains 2012.

Quelle révélation, hein ? Bon, il faut les comprendre, les studios. Une fois payé les techniciens qui transformeront le film en 3D, il ne reste pas grand chose à donner aux scénaristes pour qu’ils inventent de vraies histoires avec des personnages fouillés. Je caricature ? Si peu. La preuve par l’image:

Illustration tirée de « Why 3D movies need to die » par The Oatmeal

Ceci pour vous dire que la 3D n’apporte rien sur le plan de la narration, du développement des personnages ou des sentiments ressentis par le spectateur (elle ne vous fera pas verser une larme, sauf si vous souffrez du port des lunettes). Pire, dans le but évident de tirer partie du faible potentiel de cette technologie et de déclencher le « oh comme la falaise a l’air d’être haute » évoqué ci-dessus, les réalisateurs tendent à systématiser certains plans « typiquement 3D compatibles », donnant un méchant air de famille à la plupart des blockbusters actuels. La petite vidéo ci-dessous, bien qu’humoristique, en est une excellente illustration.

« Oui mais la 3D est une révolution technique comme le furent le son ou la couleur. Tu t’y habitueras. » me répondrez-vous en coeur, plein de la candeur des optimistes acharnés.

FAUX !

la 3D au cinéma n’est pas nouvelle. Elle date même des origines du 7e art puisque les Frères Lumières eux-même en ont fait usage pour leur court métrage « L’arrivée du train… ». Elle a accompagné l’industrie du cinéma tout au long de son existence, telle une méchante grippe revenant vous pourrir la vie à intervalle régulier avec l’entêtement d’un agent de télémarketing. Même les Nazis l’ont utilisé à des fins de propagande (Et un point Godwin, un !). Le nombres de films qui ont été projetés en 3D est gigantesque et nous vivons actuellement la 4e vagues de films en 3D de l’histoire du cinéma, comme le prouve cette superbe image ci-dessous :

(Clic = très très grand, attention, elle pèse 10 Mo | Source)

Tout espoir n’est donc pas perdu de voir prochainement disparaître cette plaie visuelle (ou du moins d’assister à une réduction de son omniprésence), d’autant plus que les statistiques de fréquentation ne lui sont pas forcément favorables (lorsque les spectateurs ont le choix 2D / 3D, lire à ce propos l’excellente analyse de Slate Is 3-D Dead in the Water? ).

Bref, la 3D c’est du passé et pour moi cela se résume à ceci:

Illustration tirée de « Why 3D movies need to die » par The Oatmeal

… un gadget que l’on oubliera bien vite.

* * *

Sources:

  • Certaines illustrations viennent de l’excellent site theoatmeal.com
  • L’image présentant tous les films en 3D a été vue su le scoop.it de thomesss
  • La video Every 3D Movie is the Same a été pêchée sur Laorosa

Pour aller plus loin sur le sujet:

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Même pas Cap

Les adaptations cinématographiques de comics ont le vent en poupe, ce n’est un secret pour personne. Et aux commandes de ce petit monde, Marvel dispose d’un réservoir quasi inépuisable de héros et d’aventures qu’elle exploite avec succès depuis une bonne dizaine d’années.

Quelques chiffres pour s’en convaincre ? Les X-Men (1,2 et 3) ont rapporté en moyenne 384 millions de dollars par film (pour un budget moyen de 136 millions), Iron Man 1 et 2 ont permis un retour sur investissement moyen de $ 434 million (budget moyen: $ 170 millions, revenu moyen: $ 604 millions) et Spider Man 3 a rapporté à lui tout seul 890 millions de dollars (pour un budget de $ 258 millions)*.

Bref, les films de super héros, ça rapporte gros (sauf Punisher qui a réussi à perdre 25 millions). C’est sans aucun doute le constat fait par les exécutifs de Marvel qui, ayant allègrement exploité les icônes phare de leur production, se sont mis à se creuser le neurone pour trouver un projet leur permettant d’acheter de plus gros Yachts.

Avengers Assemble !

Qu’y a-t-il de plus alléchant (et de plus prometteur commercialement) qu’un film avec un super héros ? Un film avec plein de super héros. Or il se trouve que le catalogue Marvel recèle d’arcs narratif relatant les aventures d’un groupe de héros appelés les Vengeurs (Avengers in english). « Banco!  » se sont écriés en choeur les directeurs de Marvel, la bave aux lèvres devant tant de revenus potentiels, « Nous allons faire un film par personnage et ensuite les réunir tous dans une méga production ».

Le résultat jusqu’ici ? Thor et Captain America…

Permettez que je glisse comme limace sur verglas sur le premier et que je déverse ma bile sur le second. Car c’est l’objet de cet article, après tout.

Scout toujours

Si vous ne connaissez pas Captain America, imaginez un boy scout de 2 mètres en juste au corp bleu, avec des bottes à revers et… un bouclier portant la bannière étoilée.

Voilà, vous savez tout ce qu’il y a à en savoir. Car Captain America n’a pour lui que le fait d’être le premier personnage a avoir été créé par Marvel. En dehors de cela, point de message du genre « avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités », point de fêlure du type « je suis l’homme le plus intelligent et riche du monde, j’ai une armure qui vole mais aussi un sérieux problème de boisson et de sociabilité », ni même de pseudo profondeur mythique comme « je suis le dieu du tonner, fils d’Odin, mais je n’arrive pas à emballer au premier rendez-vous ».

Rien. Nada. Que pouic.

Vous pouvez lire tous les arcs narratifs de Captain America (et j’en ai lu ma part), ce héros est aussi lisse qu’une piste de curling, aussi monolithique qu’un carambar et aussi profond qu’une BD de Martine.

Alors quand l’équipe (très nombreuse mais néanmoins au complet) de MacBrains est aller voir le film lui étant consacré, les pire craintes m’habitaient. Comment un film sur un personnage qui n’a de raison d’être que par ceux qui l’entourent (voir Civil War) peut-il donner quelques chose d’intéressant (qui plus est lorsqu’il n’est pas entouré)?

Once upon the time

J’avoue que la première partie du film m’a captivé. La genèse du Captain, fidèle aux écritures marvelliennes, se laisse regarder (l’immense Tommy Lee Jones, le décidément très méchant Hugo Weaving et la croquante Hayley Atwell n’y étant pas totalement pour rien). La première action du super soldat (sans costume ni bouclier) est totalement réussie. L’idée de ses débuts « opérationnels » comme collecteur de fonds pour l’effort de guerre est carrément brillante.

Puis arrive le milieux du film. On passe aux « choses sérieuses », Captain America passe à l’action et l’intérêt des spectateurs l’arme à gauche. Oui, ce film qui avait si bien commencé, qui recèlerait tant de trouvailles, bascule dans une panouille tout juste digne du film de 1990 (cf Hollywood et les comic book movies).

Dialogues lourdingues (« Mais qui êtes-vous ? », « Je suis Captain America »… j’ai pouffé), scènes d’action boliwoodiennes (mention spéciale à la poursuite en moto…), partie de frisbee et trauma larmoyant (le meilleur amis mourant dans le feu de l’action). C’est lourd, c’est moche et c’est indigeste au point que l’on se demande si Joe Johnston n’a pas laissé la réalisation de la fin de son film au type qui faisait les cafés, histoire d’aller manger un pizza 4 fromages en regardant le foot.

Bad to the bone

Un bon film d’action c’est avant tout un bon méchant (enfin un méchant méchant mais bon dans le sens qu’il est vraiment méchant… enfin, je me comprend). Et le méchant de ce film c’est… la 3D !

J’avoue, je n’aime pas la 3D. Je l’exècre, même. Mais là, franchement, elle n’apporte RIEN. Pas un seul plan qui en tire partie, ce qui est tout de même assez fort pour un film d’action. En plus, elle rend l’image floue et sombre. Non, s’il vous plaît, je veux bien que vous majoriez le prix de vos films, là, mais arrêter avec cette manie de mettre de la 3D partout. Sur un film sans épaisseur, ce n’est pas la 3D qui va donner de la profondeur aux personnages…

Ah oui, il y a aussi un méchant nazi qui a trop pris le soleil sans écran total, mais il est anecdotique puisque ce n’est pas lui qui a raison du héros. Non, le personnage le plus dangereux du film, le seul qui mette Captain America en échec c’est… le pilote automatique (on y apprend au passage que les allemands écrivaient leurs tableaux de bord en anglais). On se croirait dans un film d’Abrahams et Zucker sauf qu’eux ils faisaient exprès d’être absurdes.

Bref, un zéro pointé pour ce navet qui, je l’avoue, ne présage rien de bon pour les Vengeurs et le futur des adaptations de comics Marvel. Cet univers aurait-il donné ce qu’il a de meilleurs (X-Men: First Class)? Ne serait-il pas temps de passer à autre chose ?

* * *

* chiffres tirés de l’IMDB, of course.

Dans les même saveurs, le patron vous propose:

Apple a des projets pour sa télécommande

[Translate in english]

Alors que la Macosphère n’a d’yeux que pour l’hypothétique éventuelle probable la future tablette d’Apple (selon les dernières rumeurs, elle s’appellerait iSlate et serait présentée fin janvier), une demande de brevet publiée au nom d’Apple nous donne un aperçu des projets que la Pomme a en matière d’interface « gestuelle ».

La demande US 20090322676 ayant pour titre « GUI APPLICATIONS FOR USE WITH 3D REMOTE CONTROLLER », qui a été déposée le 1er mai 2008 (et publiée le 31.12.2009), présente une évolution de la télécommande d’Apple visant à lui donner des capacités de détection de mouvements par l’ajout d’un gyroscope, d’un accéléromètre ou en ayant recours au module infrarouge et à la triangulation.

Voilà le concept. En gros, hein...

Certes, au vue de l’image ci-dessus on ressent comme une impression de déjà vu. Mais comme d’habitude, la Pomme s’empare de technologies déjà connues et les met en oeuvre de façon originale afin de créer une expérience utilisateur unique (Voir à ce propos ici).

Passage en revue des utilisations de l’Apple Remote à détection de mouvements mentionnées dans la demande de brevet d’Apple:

Déplacer le curseur à l’écran

Dans ce cas d’utilisation, la détection du mouvement de la télécommande ne sert qu’à déplacer le curseur sur l’écran. Basique mais efficace, cela permettrait de se passer de la souris ou d’une navigation peut intuitive par boutons.

Faire défiler des éléments

Un mouvement rotatif de la télécommande permet de faire défiler des éléments (par exemple des photos), à la manière dont cela se pratique avec le doigt sur la vue Coverflow de l’iPhone.

Zoomer

La fonction de zoom est activée par la variation de la distance entre la télécommande et l’écran. Rapprocher la télécommande déclenche un « zoom in », l’éloigner un « zoom out », recréant un équivalent du « pinch » sur les écrans tactiles multipoints.

Scroll

Un mouvement latéral de la télécommande (ou vertical) permet d’effectuer de parcourir un grand nombre d’éléments, une solution pour retrouver le défilement à deux doigts des touchpad multipoints introduit par Apple sur ses portables. Une utilisation alternative proposée est le contrôle du point de lecture d’un fichier multimédia.

Déplacement et rotation

Il s’agit encore ici de répliquer les mouvements qu’il est possible d’effectuer sur les portables de la Pomme, notamment le glissement et la rotation d’éléments.

Mais Apple ne semble pas vouloir se limiter à ces fonctions de navigation. L’introduction de cette « télécommande 3D » serait l’occasion d’ajouter quelques fonctions à son interface Front Row:

La 2e icone depuis la gauche permettrait d’enclencher la fonction Flashlight, illuminant une portion de l’écran.

La 3e icone permettrait de faire apparaitre un clavier virtuel (A première vue, la saisie me semble un peut laborieuse…)

Ce clavier permettrait aussi la sélection de caractères alternatifs, comme lors d’une pression prolongée sur une touche du clavier virtuel de l’iPhone.

La 4e icone est la plus surprenante puisqu’elle apporterait des capacités « créatives » à Front Row en permettant l’utilisation d’un logiciel de dessin !

Il reste à préciser que la demande de brevet porte le nom de Duncan R. Kerr, auteur de pas moins de 11 brevets dont certains ont pour objet les interfaces 3D (rappelez-vous celui-ci). La preuve qu’Apple s’investi dans les interfaces « gestuelles » et que Duncan Kerr et un collaborateur « à suivre ».

Oh, et bonne année !

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