Google et Facebook pourraient disparaître d’ici 5 ans

« We will never have Web 3.0, because the Web’s dead. » – Eric Jackson, Forbes

Voilà une déclaration qui risque de choquer pas mal de monde. Cependant, l’argumentation déroulée par Eric Jackson dans un article de Forbes tient parfaitement la route.

Partant du constat que la longévité d’une entreprise liée au Web dépend du moment où elle est née, il pose un regard en perspective sur les majors d’hier et d’aujourd’hui.

« In the tech Internet world, we’ve really had 3 generations:

  • Web 1.0 (companies founded from 1994 – 2001, including Netscape, Yahoo!, AOL, Google, Amazon and eBay),
  • Web 2.0 or Social (companies founded from 2002 – 2009, including Facebook, LinkedIn, and Groupon),
  • and now Mobile (from 2010 – present, including Instagram). »
Force est de constater que si Google et Amazon (pour ne cite qu’eux) ont parfaitement su organiser le chaos primitif d’Internet, ils sont totalement passé à côté du Web social (malgré les sommes gigantesques dépensées). Le shift de paradigme leur a totalement échappé.
Le même phénomène d’inadaptabilité semble commencer à se faire sentir avec le passage à la troisième génération d’entreprises.

« Web 1.0 and 2.0 companies still seem unsure how to adapt to this new paradigm.  Facebook is the triumphant winner of social companies.  It will go public in a few weeks and probably hit $140 billion in market capitalization.  Yet, it loses money in mobile and has rather simple iPhone and iPad versions of its desktop experience.  It is just trying to figure out how to make money on the web – as it only had $3.7 billion in revenues in 2011 and its revenues actually decelerated in Q1 of this year relative to Q4 of last year.  It has no idea how it will make money in mobile. » – Source – Eric Jackson, Forbes

Faut-il en conclure que des entreprises comme Google et Amazon sont obsolètes ? Certes, elle poursuivent leur croissance et leurs managers sont capables, mais leurs modèles « économiques » sont de plus en plus éloignés de ce changement de réalité. Et Jackson de citer Tim Cook (CEO d’Apple, pour ceux qui vivent sur Pluton) en renfort de sa théorie :

« through the last quarter, I should say, which is just 2 years after we shipped the initial iPad, we’ve sold 67 million. And to put that in some context, it took us 24 years to sell that many Macs and 5 years for that many iPods and over 3 years for that many iPhones. And we were extremely happy with the trajectory on all of those products. And so I think iPad, it’s a profound product. » Source, Tim Cook, Apple CEO

Apple a vend plus de iDevices en 2011 que de Mac en 28 ans !
(Image: Asymco)

2 ans pour atteindre les 67 millions d’iPad vendu alors qu’il en a fallu 24 pour atteindre le même nombre de Mac, voilà qui confirme le shift de paradigme.

Ce changement d’ère sonnera-t-il le glas des géants des Web 1.0 et 2.0 ? Selon Jackson, Yahoo! n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut en 2000 et Google soufre des nouvelles habitudes d’accès à l’information développées par l’homo-socialnetworcus. Quant à Facebook, l’adaptation a tardé à venir (cf le temps qu’il a fallu pour avoir une version mobile du site) et la réaction risque de prendre la forme d’un fractionnement en application dédiées (Instagram couvrant la partie images).

Il est certain que l’avenir à court terme (5 à 8 ans) sera très « dynamique » selon les termes de Jackson, et peu probable que les géants d’aujourd’hui survivent sans perte à cette transition. Seule Apple est théoriquement à l’abris car son écosystème lui permet de s’adapter facilement au changement (les entreprises fournissant du contenu meurent, la plateforme de diffusion reste).

Et l’auteur de conclure:

« The Googles and Facebooks of tomorrow might not even exist today.  And several Web 1.0 and 2.0 companies might be completely wiped off the map by then.

Fortunes will be made by those who adapt to and invest in this [the mobile Internet] complete greenfield.

Those who own the future are going to be the ones who create it.  It’s all up for grabs.  Web monopolies are not as sticky as the monopolies of old. » – Source – Eric Jackson, Forbes

Menlo Park, 2138 – Mise à jour des vestiges de ce qui semble
être le siège social d’une entreprise Web 2.0.


L’image finale a été détournée ici.

Facebook & Instagram: Tempête dans un verre d’eau

Emois sur la toile: L’Ogre Bleu (Facebook) a racheté Instagram pour la modique somme d’un milliard de dollars. Panique, exode, cris d’horreur, nombreux sont les utilisateurs du second qui ont sur-réagit à la nouvelle. Mais dans les faits, qu’est-ce que cela change ? Rien.

La situation est très bien résumée dans un article du site OWNI qui, faisant le point sur la question, pose le constat suivant: Instagram permet le partage des photos sur divers sites tels que Twitter ou Facebook. Ce faisant, les utilisateurs d’Instagram acceptent les conditions générales de ces services.

« Il y a donc quelque chose d’assez paradoxal à voir les utilisateurs d’Instagram s’effaroucher de la vente du service à Facebook, alors que bon nombre d’entre eux ont sans doute déjà cédé leurs contenus à la firme de Palo Alto ou à d’autres plateformes non moins gloutonnes d’un point de vue juridique ! »
FACEBOOK DROIT SUR INSTAGRAM – Lionel Maurel – OWNI, 11 avril 2012

Pour ceux que cela laisse circonspects (comme votre serviteur), il n’est jamais interdit d’aller voir ce qui se fait ailleurs. Personnellement, j’ai entrepris de tester Tadaa, au cas où…

Talent Traffic

D’où viennent les nouveaux employés d’Apple ?

Où vont ceux qui quittent le campus de Cupertino ?

Y’a-t-il une vie après Google ?

Les employés de Microsoft viennent-ils tous de Yahoo ?

Voilà des questions intéressantes pour qui observe avec attention le « petit » monde de l’industrie numérique. L’équipe de TopProspect (plateforme de recherche d’emploi de la Silicon Valley) s’est précisément « amusé » à y répondre en traquant le mouvement des employés des Big 6 (Facebook, Google, Yahoo, Microsoft, Apple et LinkedIn) et en établissant un ratio de transfert d’une entreprise à l’autre. Le résultat ? Le très intéressant graphique ci-dessous.

On y apprend ainsi que:

  • Apple perd 11 fois plus d’employés en faveur de Facebook qu’elle n’en débauche chez le géant bleu.
  • La proportion d’employés qui quittent Microsoft pour Apple est 5 fois plus élevée que le flux inverse.
  • Facebook est le seul des Big 6 dont le flux est totalement positif (comprendre qu’il prend plus d’employés chez chacun des 5 autres qu’il n’en perd à leur profit).
  • Microsoft a un flux positif uniquement face à Yahoo.
  • Le flux le plus défavorable est celui de Yahoo qui voit 43 employés le quitter pour LinkedIn pour chaque employé qu’elle y débauche.
  • Les flux entre Apple et LinkedIn, respectivement Google, sont plutôt équilibrés.

La méthode ayant permit d’établir ce diagramme reste assez vague mais l’image qui s’en dégage doit être assez proche de l’image que les ingénieurs de la Silicon Valley ont de leurs employeurs potentiels.

via Eduens sur Facebbok

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