2015 Movies Wishlist – Part 1

Après la rétrospective 2014, voici les films que j’attends le plus pour 2015, par ordre de sortie. Avec un Malick, un Villeneuve, un Tarantino, un Blomkamp et un Spielberg, 2015 promet d’être une grande année pour les cinéphiles. Première partie de ma Wishlist couvrant la période janvier à juin.

 

MV5BMjExOTI5NjU3N15BMl5BanBnXkFtZTgwMjgxODUxMzE@._V1_SY209_CR3,0,140,209_AL_Ex Machina
Alex Garland – Janvier 2015 – Voir la bande annonce
Premier film d’Alex Garland, le scénariste de La Plage, 28 jours plus tard et Sunshine.

Le synopsis selon Wikipedia:
Le film narre l’histoire d’un programmeur informatique milliardaire qui choisit l’un des employés de son entreprise pour lui présenter sa dernière invention: un robot féminin doté d’une intelligence artificielle.


 

MV5BMjYyNDczNTE0MF5BMl5BanBnXkFtZTgwNjkzNDYxMzE@._V1_SX140_CR0,0,140,209_AL_Bob l’éponge, Le film : Un héros sort de l’eau
Janvier 2015 – Voir la bande annonce
Le retour de Bob et Patrick dans notre dimension. Etant fan du premier film, je ne peux pas manquer celui-ci. « On est des hommes… » 🙂

Le synopsis selon Wikipedia:
Alameda Jack est un pirate qui veut dominer le monde grâce un livre magique, mais il lui manque la dernière page pour devenir maître des océans. Cette dernière page se trouve à Bikini Bottom !


 

Jupiter: Le destin de l’univers
Andy & Lana Wachowski – Février 2015 – Voir la bande annonce
Les Wachowski vont-ils répéter le succès du très bon Cloud Atlas ou nous pondre un nouvel étron filmique à la Speed Racer ?

Le synopsis selon Wikipedia:
Jupiter Jones est une immigrée russe qui gagne sa vie en nettoyant des toilettes. Elle rencontre alors Caine, ancien chasseur militaire interplanétaire, qui est venu sur Terre pour retrouver sa trace. Jupiter va alors comprendre sa destinée : son ADN peut faire d’elle le leader de l’univers…


 

MV5BMjQwMTc4NjUxNV5BMl5BanBnXkFtZTgwNjYwNzE3MzE@._V1_SY209_CR0,0,140,209_AL_Knight of Cups
Terrence Malick – Février 2015 (?) – Voir la bande annonce
Si Terrence Malick faisait des films, il serait mon réalisateur préféré. Seulement il n’en fait pas. Non, il assemble des images pour le seul plaisir de mon âme dont il semble avoir un accès secret. Même ses bandes annonces me foutent des frissons. Alors si on ajoute la présence de Christian BaleCate BlanchettNatalie Portman,  Ben Kingsley et Ryan O’Neal (oui, Ryan « Barry Lindon » O’Neal), on obtient forcément le sommet de mon année de cinéphile.

Le synopsis selon Wikipedia:
Knight of Cups évoque l’histoire d’un homme à la recherche d’amour et de vérité.


 

MV5BMTU1NjkxODQzOF5BMl5BanBnXkFtZTgwMDExNjgxMzE@._V1_SY209_CR0,0,140,209_AL_Chappie
Neill Blomkamp – Mars 2015 – Voir la bande annonce
Regardez la bande annonce ci-dessus et osez me dire que vous n’avez pas envie de voir le nouveau film du réalisateur de District 9. Personnellement, le mois de mars ne m’a jamais paru aussi lointain.

Le synopsis selon Wikipedia:
Après avoir été enlevé par deux criminels durant sa naissance, Chappie devient le fils adoptif d’une famille étrange et dysfonctionnelle. Chappie est surnaturellement doué, unique en son genre, un vrai prodige. Il se trouve aussi être un robot…


 

MV5BMTUxNjkxOTMyOF5BMl5BanBnXkFtZTgwOTY4NzAwMzE@._V1_SY209_CR0,0,140,209_AL_Au coeur de l’océan
Ron Howard – Mars 2015 – Voir la bande annonce
Ron Howard + Moby Dick = Blockbuster.

Le synopsis selon Wikipedia:
En 1819, le baleinier Essex, commandé par le capitaine George Pollard (29 ans) et venant de Nouvelle-Angleterre, s’engage avec vingt-et-un hommes à bord dans une expédition de chasse à la baleine. Mais à l’hiver 1820, le bateau est heurté par un grand cachalot aux dimensions redoutables (26 mètres) fonçant droit sur lui à une vitesse impressionnante. Le naufrage du bateau contraint l’équipage à embarquer à bord de trois embarcations de fortune. Loin des îles et des côtes les plus proches, avec des vivres en quantité limitée, les hommes remettent leurs destins entre les mains de leur capitaine. Mais là où celui-ci envisage de rejoindre les îles Marquises, son second Owen Chase, 23 ans, les craint habitées par des cannibales et suggère de partir pour les côtes de l’Amérique du Sud. Leur dissension marque le début d’une lutte acharnée pour la survie qui, durant 90 jours, confrontera les marins aux limites de la faim, de la soif et de leur humanité.


 

MV5BMTc3OTc1NjM0M15BMl5BanBnXkFtZTgwNjAyMzE1MzE@._V1_SY209_CR0,0,140,209_AL_Get Hard
Etan Cohen – Mars 2015 – Voir la bande annonce
Will Ferrell s’entraîne à aller en taule. Perso, la bande annonce m’a bien fait marrer, pourvu qu’ils en ait garder pour le film…

Le synopsis selon l’IMDB:
When millionaire James King is nailed for fraud and bound for San Quentin, he turns to Darnell Lewis to prep him to go behind bars.


 

Mad Max: Fury Road
George Miller – Mai 2015 – Voir la bande annonce
36 ans après le premier Mad Max et après avoir fait danser des pingouins et parler des cochons, George Miller remet le couvert avec Mad Max : Fury Road. Impossible de passer à côté. (Note pour moi-même: revoir les deux premiers films avant le mois de mai).

Le synopsis selon Wikipedia:
Max est capturé par l’Impératrice Furiosa alors qu’il fuyait Wasteland avec un groupe de réfugiés … (NdA: en fait on s’en bat les steaks… EXPLOSIONS… BAGNOLES… EXPLOSIONS… FLINGUES… DESERT… EXPLOSIONS).


 

MV5BMjEwMzI2MjcyNF5BMl5BanBnXkFtZTgwNDcwMTgwMzE@._V1_SY209_CR0,0,140,209_AL_Avengers: L’ère d’Ultron
Joss Whedon – Mai 2015 – Voir la bande annonce
Joss « Firefly » Whedon de retour aux manettes pour essayer de dépasser renouveler le carton du premier Avengers. Si on se fie à la bande annonce, ça semble bien parti. Ceci dit, il semblerait que les scénaristes aient un peu copier le devoir de James Cameron

Le synopsis selon Wikipedia:
Après les événements relatés dans Captain America : Le Soldat de l’hiver qui ont vu la destruction du SHIELD, les Avengers sont en sommeil. Tony Stark a créé Ultron, une intelligence artificielle capable d’augmenter seule ses capacités, et qui est censée protéger l’humanité de toutes les menaces potentielles et contrôler la légion des Iron Man. Mais le plan de Stark se retourne contre lui lorsque Ultron décide que les principaux ennemis sont en fait les humains, et s’emploie à les éradiquer de la surface de la Terre. Les Avengers se regroupent à nouveau pour lutter contre ce péril mortel, tandis que deux alliés apparaissent : Vif-Argent et la Sorcière rouge.


A suivre pour la partie 2 – Juillet à décembre …

 

2014 en 15 films (voir un peu plus)

Et voilà. 2015 est sur les rails (bonne année, à propos). Si certains d’entre vous se demandent pourquoi ce site a connu une baisse marquée d’activité l’année passée, dites vous que ma passion du cinéma y est pour beaucoup. Entre taper un texte en ces lieux ou regarder un bon film, la seconde possibilité a systématiquement remporté la victoire.

Et des films, j’en ai vu ! 160, pour être exact. Des récents et de carrément vieux (Nosferatu de Murnau, One Week de Keaton).

Du coup, la saison étant aux tops en tout genre, je vous propose les 15 films qui m’ont marqués en 2014, histoire de partager avec vous quelques coups de cœurs qui, peut-être, vous plairont aussi.

Pour plus de clarté, ces 15 films sont répartis en deux listes, ceux sorti en 2014 (mon top 5) et ceux sorti avant mais visionnés en 2014 (mon top 10). C’est parti.

Mon Top 5 des films sortis en 2014

#1  Grand Budapest Hotel The Grand Budapest Hotel parce que j’adore Wes Anderson, de ses courts métrages à ce film qui est probablement l’un des plus accessibles réalisés par ce grand monsieur.
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#2 Edge Edge of Tomorrow de Doug Liman (la mémoire dans la peau) dont j’avais déjà apprécié le Jumper. Une version « action movie » du jour sans fin, avec un scénario solide, une touche d’humour inattendue et le bon goût de proposer un final ambigu. La bonne surprise de l’année.
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#3 Interstellar Interstellar de Christopher Nolan qui livre ici un des films traitant du temps au sens physique les plus aboutis et complexe. Malgré ses nombreux points faibles (quelques libertés prisent avec la physique, les scènes avec Matt Damon, …), ce film est un des grands moments de cinéma que j’ai eu l’occasion de vivre dans une salle obscure en 2014.
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#4 nightcrawler Nightcrawler, premier film de Dan Gilroy. Un film noir, nerveux et sans compromis, porté par un Jack Gillenhall décidément très en forme (voir le sublime Ennemy de Denis Villeneuve).
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#5 Gardiens Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn (l’ineffable Super). Oui, je sais, je suis le cœur de cible marketing de ce film calibré pour plaire aux 30-40 ans avec sa BO 80’s. Mais que voulez-vous, j’ai aimé ce film qui, l’air de rien, représente un tournant pour Marvel. En effet, la maison des idées a prouvé qu’elle pouvait lancer des franchises ne comportant par de héros connus et rencontrer le succès. Lire à ce propos l’excellente analyse du Badass Digest sur la transformation de Marvel.
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Ils auraient aussi pu figurer dans mon top 5: Dawn of the Planet of the Apes, X-Men: Days of Future Past (ne serait-ce juste pour la scène hallucinante avec Vif Argent, on vous en a parlé ici) et Gone Girl (David Fincher, toujours aussi bon).

Bonus (à ma connaissance pas sorti en salle et c’est bien dommage): Predestination de Michael Spierig, un film « total Mindfuck » proposant le paradox temporel le plus tordu qu’il m’ait été donné de voir dans un film.

Mon Top 10 des films sortis avant 2014 mais que je n’ai vu que cette année

#1 Enemy Enemy de Denis Villeneuve (sorti en 2013). Un film complexe et fascinant. Ce réalisateur taille sa route vers le sommet de mon panthéon des réalisateurs, après Incendies qui m’avait filé une claque gigantesque, de celles qui laissent des traces de doigts rouges sur la joue encore plusieurs jours après que le mot Fin se soit inscrit sur l’écran.
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#2 High High Fidelity de Stephen Frears (sorti en 2000). Un classic que je n’avais encore jamais vu. 113 minutes de bonheur, un John Cusack au top et un Jack Black presque maigre pour le même prix. Au niveau d’Almost Famous sorti la même année, c’est dire.
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#3 Her Her de Spike Jonze (sorti en 2013). Un des films les plus touchant sur la solitude, l’amour et… les intelligences artificielles.
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#4 Europa Europa Report de Sebastián Cordero (sorti en 2013). Un petit bijou de SF à côté duquel j’étais complètement passé lors de sa sortie. Tendu juste comme il faut et très réussi jusque dans son final un peu prévisible.
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#5 Prophète Un prophète de Jacques Audiard (sorti en 2009). Un film solide, prenant et superbement porté par l’interprétation de Tahar Rahim.
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#6 Mud Mud de Jeff Nichols (sorti en 2012). 2014 aura été pour moi l’année Matthew McConaughey . True DetectiveInterstellar et Mud. Mais comment a-t-on pu passer aussi longtemps à côté d’un tel tallent ?
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#7 Soldier Soldaat van Oranje de Paul Verhoeven (sorti en 1977). Ce film de Paul Verhoeven tourné 10 ans avant RoboCop  est actuellement très difficile à trouver. Etonnant vu la vision très originale qu’il propose sur la 2e guerre mondiale (le point de vue des Pays-Bas). A signaler Rutger Hauer en rôle principal.
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#8 Porte Heaven’s Gate de Michael Cimino (sorti en 1980). Le fameux film qui a coulé United Artists et pratiquement mis fin à la carrière de réalisateur de Michael Cimino est tout simplement excellent. Très long (216 minutes), mais excellent.
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#9 Reds Reds de Warren Beatty (sorti en 1981). La fresque de Warren Beatty est un film à voir, ne serait-ce que pour admirer la beauté de Diane Keaton pendant trois heures.
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#10 Buster_Keaton_-_One_Week__1920__-_YouTube One Week de Buster Keaton (sorti en 1920). Oui, ce film date de 1920. Oui. il est muet et en noir et blanc. Mais bon Dieu, quel rythme, quel humour, quels plans de génie et quelle modernité ! Je ne me souvient pas d’avoir autant rit en regardant un film depuis très très longtemps. A voir sur Youtube.
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Ils auraient aussi pu figurer dans mon top 10: Inside Llewyn Davis (2013, parce qu’on ne fait pas la fine bouche devant un film des Frères Coen), Assaut (1976, le film de John Carpenter est indémodable. Une inspiration évidente pour Tarentino, de son propre aveux), Casque d’or (1952, Jacques Becker, Signoret et Reggiani. Intemporel), The Proposition (2005) et Rush (2013).

Voilà de quoi vous occuper, si vous cherchez quelques films à voir en ce début de 2015 et que vous en auriez loupé quelques uns.

Et si l’envie vous prend de partager votre top 2014, les commentaires sont là pour ça.

X-Men ou le blockbuser intelligent

On pouvait légitiment se contenter d’un haussement de sourcil dubitatif à l’annonce d’un nouveau X-MEN. Le monde est désormais rempli d’adaptations de comics structurellement mal foutus, vainement « cool » (et je mets les guillemets) et vides d’intrigues et d’enjeux qui suintent le merchandising et le mépris du spectateur par tous les pores. Ne surnagent de ce potage rance qu’une poignée de bons films, réalisés par des auteurs confirmés (voir notre top & flop).

Bryan Singer ne fait plus partie de cette caste depuis le naufrage de sa carrière suite à son SUPERMAN RETURNS tout mou et le bide cosmique JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS. Son désintérêt flagrant pour la franchise dont il avait réalisé les deux premiers et meilleurs opus laissa le champ libre au  tâcheron Brett Ratner qui souilla la trilogie comme un chien mouille un tapis avec un X-MEN: LE DERNIER AFFRONTEMENT bancal (c’est un peu l’équivalent du RETOUR DU JEDI pour les X-Men. Tous les personnages cools meurent ou perdent leurs pouvoir). Par la suite la saga foira en beauté deux des histoires les plus emblématiques du comics, à savoir l’arc du Dark Phoenix et celui de l’arme X. Toutefois, récemment, Matthew Vaughn avait sauvé les meubles avec une préquelle élégante et fun X-MEN: LE COMMENCEMENT (ici), suivi par un spin off sympathique (WOLVERINE: LE COMBAT DE L’IMMORTEL) réalisé lui par James Mangold. Une petite lueur d’espoir luisait donc au loin à l’annonce d’un nouveau film, cette fois soutenu par la Fox (un budget aux alentours des 250 millions de dollars), assemblant le casting des deux époques (les jeunes James McAvoy et Michael Fassbender face aux patriarches Patrick Stewart et Ian McKellen) pour traiter une des sagas les plus culte et les plus appréciée sous la houlette du père fondateur enfin revenu du Tartare.

XMEN DOTFP affiche
La saga X-MEN est chère à mon cœur, parce qu’elle est la seule à étreindre sérieusement son sujet. Elle a été la première à prendre la voie de la maturité, reléguant les costumes fluos au profit d’intrigues plus adultes et noires et présentant des personnages humains, complexes et pétris de doute. Rappelons que la scène d’ouverture du premier X-MEN se passe dans un camp de concentration en Pologne en 44. Dès le début on sentait que Singer voulait aller plus loin que le classique film de divertissement enfantin avec des explosions partout.

Seulement, si Singer a eu dès le début des velléités de grandeur, il n’a pas pu en magnifier tous les aspects. Il est évident que si l’on revoit le premier X-MEN on sera autant touché par la profondeur de certains de ses héros mélancoliques que frappé par la mollesse de scènes d’actions par vraiment folichonnes et d’ absences évidentes (le fauve en particulier). Il semblerait que la Fox (encore elle) n’ait jamais cru au projet et que son directeur Thomas Rothman ait continuellement mis des bâtons dans les roues de Singer, orchestrant des coupes budgétaires impromptues et avançant la date de sortie du film de novembre à mai 2000. Pareilles méthodes furent appliquées sur X2, ce qui conduit Singer à faire un bras d’honneur et à quitter la production de X-MEN 3: L’AFFRONTEMENT FINAL pour aller voir si l’herbe n’était pas plus verte chez Warner. J’ajoute que l’absence des Sentinelles (seulement teasées lors de la première scène de X-MEN 3) provient du dégoût de Rothman pour les robots géants qu’il juge ridicules. Aujourd’hui il semblerait que la Fox aie fait amende honorable et, voulant certainement surfer sur la vague AVENGERS, fila une enveloppe bourrée de pesos et une belle carte blanche à Singer et ses scénaristes pour le nouvel opus des X-Men.

Mettons les choses à plat dès maintenant. X-MEN : DAYS OF THE FUTURE PAST est le meilleur film de la saga et peut-être bien le meilleur film de super héros/mutants/types à pouvoirs du monde. C’est la somme de tout ce qui est bon dans tous les films X-MEN. Ambitieux et humble à la fois, c’est un véritable coup de maître dont je n’aurais pas cru Singer capable.

Dans le futur, les mutants sont massacrés par des robots surpuissants nommés Sentinelles. Charles Xavier (Patrick Stewart) et Magnéto (Ian McKellen) envoient dans le passé Wolverine (Hugh Jackman) grâce aux pouvoirs de Kitty Pride (Ellen Page) afin qu’il prévienne les X-Men du futur horrible qui se prépare. Largué en 1973, Wolverine doit rallier Charles (James McAvoy) et Eric (Michael Fassbender) et empêcher Mystique (Jennifer Lawrence) d’abattre l’industriel Bolivar Trask (Peter Dinklage) dont la mort entraînera la fabrication en chaîne des Sentinelles qui éradiqueront les mutants.

Évidemment avec un pitch pareil, la porte était ouverte à un grand gloubiboulga temporel foutraque avec des caméos de mutants qui popent dans tous les coins pour assurer le fan service. Il n’en n’est rien. Le film se concentre sur une histoire, sans digression ou personnages parasites et installe des enjeux faramineux dès le départ avec ce futur dystopique à la TERMINATOR 2 où les mutants sont traqués par des sentinelles tueuses redoutablement coriaces (elles s’adaptent aux pouvoirs de leurs adversaires pour les contrer). Après un premier morceau de bravoure redoutable dans lequel se mélange les pouvoirs d’une demie douzaine de mutants, l’intrigue suit Wolverine envoyé en 1973. (Il est intéressant de constater que d’habitude les films qui utilisent le voyage dans le temps comme ressort scénaristique partent du principe qu’il suffit de tuer une personne précise dans le passé pour annuler un futur catastrophique. Là c’est l’inverse qui est proposé. Sauver la vie de Bolivar Trask empêchera la cristallisation de la haine contre les mutants et la fabrication des Sentinelles.)

J’avais terminé la critique de X-MEN: LE COMMENCEMENT par un vœu pieux. Le prochain film de la franchise sera une réussite s’il se concentre d’avantage sur la paire Magnéto/Professeur X et approfondit leur relation. C’est chose faite ici. Logan n’étant qu’un messager, le film se fixe sur un Charles Xavier de 1973 devenu reclus alcoolique et junkie (il a abandonné ses pouvoirs télépathiques pour pouvoir remarcher), en proie au doute et à la peur. Il est le pivot (comme Magnéto l’était dans LE COMMENCEMENT) d’un métrage aux accents tragiques où les personnages et leurs interactions sont traités avec intelligence et justesse.

L’action n’est pas en reste toutefois, le film étant ponctué de scènes jouissivement fun comme l’évasion du Pentagone qui nous présente les pouvoirs de Vif-Argent, et d’autres comme l’attaque de la cachette des X-Men par les Sentinelles. Preuve que Singer, cinéaste plus préoccupé par les dialogues et les personnages (Yannick Dahan dit de lui qu’il fait du cinéma de papy) est capable de trousser des scènes d’action maousses et lisibles, ce qui est une rareté de nos jours.

vifargent

la démonstration des pouvoirs de Vif-Argent (sur « Time in a Bottle » de Jim Croce)

 

Ce DAYS OF THE FUTURE PAST, s’il ne s’inspire que lointainement du comics source (je ne sais pas, je ne l’ai pas lu mais il semblerait qu’il s’agisse du sentiment général sur le web) est néanmoins un grand film bourré de sincérité et de respect pour son univers et ses personnages, au scénario malin et maîtrisé de bout en bout, ancré dans l’histoire de l’Amérique (une scène de sauvetage au Vietnâm et un dialogue au sujet de Kennedy assez savoureux), nous rachetant ainsi de toutes ces itérations besogneuses torchés par des bureaucrates incompétents et des yes-men transparents qui ont pourri nos écrans ces dernières années. Au rang des déceptions, on pourrait arguer que le rythme est peu trop soutenu. Des coupes drastiques ont surement été faites (une est connue. Elle mettait en scène Anna Paquin) Par conséquent, une éventuelle version longue (croisons les doigts) permettra au film de mieux respirer et donnera peut-être au personnage de Peter Dinklage un peu plus de présence. Wolverine est aussi quelque peu sous-utilisé et ses débordements bestiaux toujours pas d’actualité mais ça, c’est une critique générale imputable à l’ensemble de la saga. Des défauts pardonnables au regard des énormes qualités du métrage.

DAYS OF THE FUTURE PAST charrie son lot de trous scénaristiques (inhérents au genre blockbuster spectaculaire) mais prend toutefois le temps qu’il faut pour expliquer et annuler les erreurs accumulées dans les histoires précédentes qui sont, il faut bien l’avouer, légion. Il passe aussi judicieusement sous silence les bourdes les plus irrattrapables. C’est tout le problème de la saga X-MEN d’ailleurs. En tant que première franchise de super-héros de l’ère moderne, elle a ouvert la voie au cinéma geek que l’on connaît (Spider-Man et consorts) mais elle a aussi avancée complétement à l’aveugle, caractérisant certaines personnages en dépit du bon sens et en s’enfonçant dans des trames scénaristiques en cul-de-sac au fil des années. La volonté de ne pas rebooter la saga mais de lui donner un nouveau souffle grâce à un casting plus jeune dans le cadre de préquelles qui font quand même partie du canon de la série (X-MEN : LE COMMENCEMENT, donc) était une initiative tout à fait respectable mais Ô combien casse-gueule.

Hé bien, grâce à son intrigue science-fictionnelle qui utilise le voyage dans le temps comme fil conducteur, Bryan Singer en profite pour ajuster son univers et opérer une sorte de reboot dans la continuité au travers d’une dernière scène magnifique qui m’a bouleversé. Une manière de dire « on sait qu’on a merdé mais on va se rattraper ». Mea Culpa louable pour un projet enthousiasmant qui aurait pu n’être qu’un énième blockbuster sans âme et qui est, au final, beaucoup plus: un vrai film qui restera dans les mémoires.

Days of the Future Past (2014)
de Bryan Singer
avec Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Halle Berry, Nicholas Hoult, Patrick Stewart, Ian McKellen, Ellen Page, Peter Dinklage

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