Dépôts de demandes internationales de brevet : Apple en 53e position

L’économie mondiale a beau souffrir, les dépôts de demandes de brevets se portent plutôt bien. Dernier indicateur en date, les chiffres publiés le 5 mars par l’OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, WIPO en anglais) et concernant la procédure internationale (ou PCT) sont révélateurs de cette dynamique à la hausse.

En parallèle à un classement par pays, dominé par les USA (48’596 dépôts en 2011), le Japon (38 888 demandes), l’Allemagne (18 568 demandes) et la Chine (16 406 demandes avec une incroyable progression de +33,4% par rapport à 2010), les statistiques de l’OMPI donnent un classement par déposants. Apple pointe au 53e rang avec 269 dépôts PCT en 2011. La firme de Cupertino gagne 18 rangs par rapport à 2010 et entre ainsi dans le top 60 mais reste assez loin derrière ses rivales directes; Panasonic (2e), Qualcomm (6e), LG (8e), Nokia (16e), Sony (26e) et Microsoft (27e). A noter que Google, en 64e position avec 224 dépôts PCT, ne figure pas sur le graphique ci-dessous.

Par comparaison, l’USPTO fait pointer Apple au 39e rang (avec 676 brevets américains accordés en 2011) du top 50 des sociétés ayant reçu des brevets accordés aux USA en 2011, un classement dominé par IBM est ses 6180 brevets accordés. A noter que Microsoft se classe 6e, une position plus en rapport avec son gigantesque porte-feuille brevet.

Sources: www.ificlaims.com, www.wipo.int

Steve Jobs + Brevets + Youtube = 2 vidéos

Voici deux petites vidéos qui ont pleinement leur place sur MacBrains puisqu’elles présentent des inventions pour lesquelles Steve Jobs est crédité en tant qu’inventeur en parallèle avec leurs brevets. C’est sympa, ça mange pas de pain et c’est cadeau.

Patents of Steve Jobs


Best Inventions of Steve Jobs

via @iLaurent sur Twitter, merci à lui 😉

Technology Isn’t free

Le rachat de Motorola par Google, à grand renfort de milliards (12.5 milliards de dollars, pour être précis) peut se résumé ainsi: « La technologie n’est pas gratuite ».

Habituellement, une entreprise voulant utiliser une technologie développée par un tiers (ie: brevetée) a deux solutions à sa disposition (si l’on exclu le vol et le cortège d’avocats qui s’en suit): Soit elle achète une licence (autrement dit: un droit d’utilisation pour une technologie brevetée), soit elle propose un jeu de licences croisées (« je te permets d’utiliser mon brevet si tu me permet d’utiliser le tiens », une version corporate de l’échange de vignettes Panini), dans une négociation se voulant « win-win » (les deux acteurs y gagnent, tous les autres y perdent et les vaches sont bien gardées).

Seulement voilà, lorsque vous vous appelez Google et que vous débarquez dans le monde réel (comprenez « le monde des entreprises qui fabriquent des biens tangibles »), vous n’avez rien à offrir en échange dans le jeu des licences croisées.

Le géant de la recherche aspire à devenir un acteur majeur du mobile ? Las, le voilà en terrain fort bien occupé, et par des entreprises ayant investi dans la R&D depuis de très nombreuses années (et ayant donc un portefeuille brevets bien garnis).

La solution ? Acheter une entreprises ayant des brevets pour se servir de ceux-ci dans les futures négociations.

C’est en substance le méchanisme qui aurait présidé au rachat de Motorola et de ses 17’000 brevets délivrés (auquels il faut ajouter les 7’500 demandes en cours), selon l’analyse de Harward Business Review (HBR.org), un point de vue que je partage totalement.

« New entrants always have this problem. Taiwanese companies HTC (smartphones and tablets) and Vizio (flat-panel TVs) are both struggling with how to pay for the vast amount of others’ technologies they’ve incorporated into their products. After Apple entered the wireless telecom space, it had to pay billions in settlements and ongoing royalties to Nokia who owns a lot of the technology it adopted. Samsung has paid many billions of dollars over the years to license in the technology it needs and has increased its R&D spending and patenting activity exponentially in order to compensate. More recently, Samsung has been on a global patent-buying spree to obtain technology for its next generation of products. »

Google Concedes that Technology Isn’t Free – Ralph Eckardt – HBR.org

Ainsi, lorsqu’un Google rachète un Motorola, son intérêt va au-delà des actifs tangibles de sa proie. Il s’agit aussi (et avant tout ?) de remplir ses poches de cartes pour pouvoir jouer avec ses petits camarades dans la cours de récré.

De gauche à droite: Stephen Elop, Steve Jobs, James « Jim » Balsillie,
Larry Page, Peter Chou, Anthony P. Doye et Howard Stringer.

La technologie a un prix. Et pour Google, c’est 12.5 milliards !

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