Fin de règne

A quelques mois de la sortie des souvenirs de Marnie (Omoide no Mânî de Hiromasa Yonebayashi, déjà responsable du très beau Arrietty, le petit monde des chapardeurs en 2010) qui sera certainement le dernier film du célèbre studio Ghibli, il est bon de revenir sur deux métrages sortis en 2014, films testaments des deux réalisateurs patriarches de ce mythique studio d’animation.

 

C’est la crise ma bonne dame

En 2014, Toshio Suzuki, producteur et tête pensante de Ghibli annonce que le studio va subir une restructuration drastique et que le département animation tel qu’on le connait aujourd’hui disparaitra dans les mois prochains. Cette terrible annonce implique que les derniers films en production des réalisateurs Hayao Miyazaki (74 ans) et Isao Takahata (84 ans) seraient leurs derniers…tout court. La fin d’une époque pour ceux qui ont donnés leurs lettres de noblesse à l’animation japonaise pendant pratiquement 30 ans de films cultes réalisés de façon presque artisanale.

Selon Quentin Tarantino, l’âge venant, aucun grand réalisateur n’arrive à retrouver l’état de grâce de sa jeunesse et à réaliser le film définitif, le point d’orgue de sa carrière, le chef d’œuvre d’une vie. Au contraire: ça radote, ça pantoufle lamentablement dans des productions tièdes et souvent indignes et finalement le dernier film d’une carrière est souvent un étron indigne et maladroit. Il faut savoir prendre sa retraite avant de faire le film de trop et de finir comme Hitchcock ou Billy Wilder. Ce problème ne se pose pas pour messieurs Takahata et Miyazaki.

 

kaguya affiche
Un conte de larmes et de neige

Le Conte de la Princesse Kaguya (Kaguya-hime no monogatari) est l’adaptation d’un des contes japonais les plus anciens jamais connu (le coupeur de Bambou) que Takahata cherche à adapter depuis la fin des années 50. Il raconte l’histoire de Kaguya, bébé découvert dans une tige de bambou et adoptée par un vieux bucheron et sa femme. La petite fille grandissant à vu d’œil, ses parents sont convaincus de sa nature exceptionnelle. Ils déménagent en ville, deviennent nobles et tentent de la marier à un riche parti. Kaguya, évidemment, ne rêve que de retourner à la vie simple de la campagne et retrouver ses amis d’enfance, dégoûtée par les manigances de la cour et l’ineptie de ses soupirants.

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Loin des films empreints de fantaisie légère de son collègue Miyazaki, Takahata garde son goût du grave et de la mélancolie, comme dans ses productions précédentes (Le tombeau des lucioles, Souvenirs goutte à goutte, Pompoko) au travers d’une histoire de vie perdue et de deuil de l’enfance. Comme à son habituelle humilité, le cinéaste adapte son style visuel à son histoire, préfèrant se fondre dans le sujet qu’il traite plutôt que de lui imposer sa patte (voir aussi Mes Voisins les Yamada, chronique d’une famille japonaise ordinaire traitée sous la forme de sketches respectant le style simpliste et aquarellé du manga dont il est adapté). Le film semble être une estampe qui prend vie avec des décors esquissés, des personnages aux traits minimalistes permettant de véritables expérimentations visuelles et faisant cohabiter plusieurs styles (une scène en particulier, la fuite du palais., incroyable et viscéral moment d’animation expressionniste qui tranche avec tout le reste du métrage). Pessimiste, grave et beau; habité d’une tristesse infinie, ce film est une splendeur poétique, un ultime métrage magistral d’un grand monsieur de l’Animation injustement relégué pendant toute sa carrière (en tout cas chez nous) dans l’ombre de son ami Miyazaki.

 

kaze affiche
…Il faut tenter de vivre

Pour son ultime long-métrage Miyazaki abandonne lui aussi les histoires enivrantes d’amour et de nature de ses derniers films pour boucler la boucle de son cinéma, abordant tous ses thèmes les plus chers, autopsiant son propre cinéma. Le vent se lève (Kaze tachinu) narre l’histoire de Jirô Horikoshi, trop myope pour piloter mais qui devient ingénieur aéronautique et crée les chasseurs Zéro de l’armée japonaise durant la deuxième Guerre Mondiale. Égoïstement, il refuse de voir que ses magnifiques aéroplanes finiront par apporter mort et destruction, galvanisé par son maître Giovanni Caproni qui lui apparaît dans ses nombreux rêves. Le parallèle entre Jirô et Miyazaki lui-même est évident. Ces deux créateurs possèdent la même flamme, la même méticulosité maniaque, la même vie empreinte de sacrifice pour l’amour de leur art. L’aviation et la maladie de sa mère (la tuberculose) sont des thèmes que Miyazaki a souvent abordé dans sa filmographie mais jamais de façon aussi frontale et si ses œuvres ont toujours baignées dans une ambiance quelque peu douce-amère, aucune n’a jamais été d’un pessimisme aussi dur (depuis peut-être l’opératique Princesse Mononoké en 1997).

KazeTachinu2

Si Le vent se lève est zébré de scènes de rêves d’un onirisme mélancolique, il est aussi le film de son auteur le plus ancré dans la réalité. Jirô est un témoin de la marche chaotique du monde qui préfère s’enfermer dans une bulle pour créer l’avion parfait sans trop s’appesantir sur l’utilisation qui en sera faite. La fin du film avec son cimetière de carcasses et son cortège céleste d’appareils tombés au combat rappelle la plus belle scène de Porco Rosso. Et aussi que la réalité rattrape les rêveurs. Testament amer et synthèse de tout l’imaginaire de Miyazaki, Le vent se lève est beau à en crever. La mise en scène et l’animation sont d’une maîtrise et d’une maturité hallucinantes.

En conclusion et pour faire mentir l’adage, alors que  la réalité a rattrapé les rêves d’un studio mythique, les adieux au Cinéma de leurs deux pères fondateurs sont des apothéoses bouleversantes. Des chefs-d’œuvre, quoi.

 

Et pour ceux que ça intéressent, voici mon top ciné de 2014.
1. Le vent se lève (Hayao Miyazaki)
2. The Homesman (Tommy Lee Jones)
3. Le conte de la princesse Kaguya (Isao Takahata)
4. Dragons 2 (Dean De blois)
5. Gone Girl (David Fincher)
6. X-Men Days of the future past (Bryan Singer)
7. The Grand Budapest Hotel (Wes Anderson)
8. Le Hobbit: la bataille des cinq armées (Peter Jackson)
9. Nightcrawler (Dan Gilroy)
10. La grande aventure Lego (Phil Lord, Christopher Miller)


Mon fils fait des vidéos

Mon fils ainé a 13 ans.

Pour son anniversaire, il nous a demandé une caméra.

Ravis qu’il ait trouvé une façon d’exprimer sa créativité, nous la lui avons offerte.

Et il y a deux jours, il nous a montré ça:

et ça:

Personnellement, j’ai ri comme jamais devant une vidéo de « Youtuber ». Et je suis drôlement fière de mon fiston. Alors jetez un oeil à sa chaîne Youtube, mettez-lui un petit pouce vert pour le cougerer (contraction des mots encourager et courgette… une de ses inventions…) et, si le coeur vous en dit, faite lui un peu de pub.

2015 Movies Wishlist – Part 1

Après la rétrospective 2014, voici les films que j’attends le plus pour 2015, par ordre de sortie. Avec un Malick, un Villeneuve, un Tarantino, un Blomkamp et un Spielberg, 2015 promet d’être une grande année pour les cinéphiles. Première partie de ma Wishlist couvrant la période janvier à juin.

 

MV5BMjExOTI5NjU3N15BMl5BanBnXkFtZTgwMjgxODUxMzE@._V1_SY209_CR3,0,140,209_AL_Ex Machina
Alex Garland – Janvier 2015 – Voir la bande annonce
Premier film d’Alex Garland, le scénariste de La Plage, 28 jours plus tard et Sunshine.

Le synopsis selon Wikipedia:
Le film narre l’histoire d’un programmeur informatique milliardaire qui choisit l’un des employés de son entreprise pour lui présenter sa dernière invention: un robot féminin doté d’une intelligence artificielle.


 

MV5BMjYyNDczNTE0MF5BMl5BanBnXkFtZTgwNjkzNDYxMzE@._V1_SX140_CR0,0,140,209_AL_Bob l’éponge, Le film : Un héros sort de l’eau
Janvier 2015 – Voir la bande annonce
Le retour de Bob et Patrick dans notre dimension. Etant fan du premier film, je ne peux pas manquer celui-ci. « On est des hommes… » :-)

Le synopsis selon Wikipedia:
Alameda Jack est un pirate qui veut dominer le monde grâce un livre magique, mais il lui manque la dernière page pour devenir maître des océans. Cette dernière page se trouve à Bikini Bottom !


 

Jupiter: Le destin de l’univers
Andy & Lana Wachowski – Février 2015 – Voir la bande annonce
Les Wachowski vont-ils répéter le succès du très bon Cloud Atlas ou nous pondre un nouvel étron filmique à la Speed Racer ?

Le synopsis selon Wikipedia:
Jupiter Jones est une immigrée russe qui gagne sa vie en nettoyant des toilettes. Elle rencontre alors Caine, ancien chasseur militaire interplanétaire, qui est venu sur Terre pour retrouver sa trace. Jupiter va alors comprendre sa destinée : son ADN peut faire d’elle le leader de l’univers…


 

MV5BMjQwMTc4NjUxNV5BMl5BanBnXkFtZTgwNjYwNzE3MzE@._V1_SY209_CR0,0,140,209_AL_Knight of Cups
Terrence Malick – Février 2015 (?) – Voir la bande annonce
Si Terrence Malick faisait des films, il serait mon réalisateur préféré. Seulement il n’en fait pas. Non, il assemble des images pour le seul plaisir de mon âme dont il semble avoir un accès secret. Même ses bandes annonces me foutent des frissons. Alors si on ajoute la présence de Christian BaleCate BlanchettNatalie Portman,  Ben Kingsley et Ryan O’Neal (oui, Ryan « Barry Lindon » O’Neal), on obtient forcément le sommet de mon année de cinéphile.

Le synopsis selon Wikipedia:
Knight of Cups évoque l’histoire d’un homme à la recherche d’amour et de vérité.


 

MV5BMTU1NjkxODQzOF5BMl5BanBnXkFtZTgwMDExNjgxMzE@._V1_SY209_CR0,0,140,209_AL_Chappie
Neill Blomkamp – Mars 2015 – Voir la bande annonce
Regardez la bande annonce ci-dessus et osez me dire que vous n’avez pas envie de voir le nouveau film du réalisateur de District 9. Personnellement, le mois de mars ne m’a jamais paru aussi lointain.

Le synopsis selon Wikipedia:
Après avoir été enlevé par deux criminels durant sa naissance, Chappie devient le fils adoptif d’une famille étrange et dysfonctionnelle. Chappie est surnaturellement doué, unique en son genre, un vrai prodige. Il se trouve aussi être un robot…


 

MV5BMTUxNjkxOTMyOF5BMl5BanBnXkFtZTgwOTY4NzAwMzE@._V1_SY209_CR0,0,140,209_AL_Au coeur de l’océan
Ron Howard – Mars 2015 – Voir la bande annonce
Ron Howard + Moby Dick = Blockbuster.

Le synopsis selon Wikipedia:
En 1819, le baleinier Essex, commandé par le capitaine George Pollard (29 ans) et venant de Nouvelle-Angleterre, s’engage avec vingt-et-un hommes à bord dans une expédition de chasse à la baleine. Mais à l’hiver 1820, le bateau est heurté par un grand cachalot aux dimensions redoutables (26 mètres) fonçant droit sur lui à une vitesse impressionnante. Le naufrage du bateau contraint l’équipage à embarquer à bord de trois embarcations de fortune. Loin des îles et des côtes les plus proches, avec des vivres en quantité limitée, les hommes remettent leurs destins entre les mains de leur capitaine. Mais là où celui-ci envisage de rejoindre les îles Marquises, son second Owen Chase, 23 ans, les craint habitées par des cannibales et suggère de partir pour les côtes de l’Amérique du Sud. Leur dissension marque le début d’une lutte acharnée pour la survie qui, durant 90 jours, confrontera les marins aux limites de la faim, de la soif et de leur humanité.


 

MV5BMTc3OTc1NjM0M15BMl5BanBnXkFtZTgwNjAyMzE1MzE@._V1_SY209_CR0,0,140,209_AL_Get Hard
Etan Cohen – Mars 2015 – Voir la bande annonce
Will Ferrell s’entraîne à aller en taule. Perso, la bande annonce m’a bien fait marrer, pourvu qu’ils en ait garder pour le film…

Le synopsis selon l’IMDB:
When millionaire James King is nailed for fraud and bound for San Quentin, he turns to Darnell Lewis to prep him to go behind bars.


 

Mad Max: Fury Road
George Miller – Mai 2015 – Voir la bande annonce
36 ans après le premier Mad Max et après avoir fait danser des pingouins et parler des cochons, George Miller remet le couvert avec Mad Max : Fury Road. Impossible de passer à côté. (Note pour moi-même: revoir les deux premiers films avant le mois de mai).

Le synopsis selon Wikipedia:
Max est capturé par l’Impératrice Furiosa alors qu’il fuyait Wasteland avec un groupe de réfugiés … (NdA: en fait on s’en bat les steaks… EXPLOSIONS… BAGNOLES… EXPLOSIONS… FLINGUES… DESERT… EXPLOSIONS).


 

MV5BMjEwMzI2MjcyNF5BMl5BanBnXkFtZTgwNDcwMTgwMzE@._V1_SY209_CR0,0,140,209_AL_Avengers: L’ère d’Ultron
Joss Whedon – Mai 2015 – Voir la bande annonce
Joss « Firefly » Whedon de retour aux manettes pour essayer de dépasser renouveler le carton du premier Avengers. Si on se fie à la bande annonce, ça semble bien parti. Ceci dit, il semblerait que les scénaristes aient un peu copier le devoir de James Cameron

Le synopsis selon Wikipedia:
Après les événements relatés dans Captain America : Le Soldat de l’hiver qui ont vu la destruction du SHIELD, les Avengers sont en sommeil. Tony Stark a créé Ultron, une intelligence artificielle capable d’augmenter seule ses capacités, et qui est censée protéger l’humanité de toutes les menaces potentielles et contrôler la légion des Iron Man. Mais le plan de Stark se retourne contre lui lorsque Ultron décide que les principaux ennemis sont en fait les humains, et s’emploie à les éradiquer de la surface de la Terre. Les Avengers se regroupent à nouveau pour lutter contre ce péril mortel, tandis que deux alliés apparaissent : Vif-Argent et la Sorcière rouge.


A suivre pour la partie 2 – Juillet à décembre …

 

2014 en 15 films (voir un peu plus)

Et voilà. 2015 est sur les rails (bonne année, à propos). Si certains d’entre vous se demandent pourquoi ce site a connu une baisse marquée d’activité l’année passée, dites vous que ma passion du cinéma y est pour beaucoup. Entre taper un texte en ces lieux ou regarder un bon film, la seconde possibilité a systématiquement remporté la victoire.

Et des films, j’en ai vu ! 160, pour être exact. Des récents et de carrément vieux (Nosferatu de Murnau, One Week de Keaton).

Du coup, la saison étant aux tops en tout genre, je vous propose les 15 films qui m’ont marqués en 2014, histoire de partager avec vous quelques coups de cœurs qui, peut-être, vous plairont aussi.

Pour plus de clarté, ces 15 films sont répartis en deux listes, ceux sorti en 2014 (mon top 5) et ceux sorti avant mais visionnés en 2014 (mon top 10). C’est parti.

Mon Top 5 des films sortis en 2014

#1  Grand Budapest Hotel The Grand Budapest Hotel parce que j’adore Wes Anderson, de ses courts métrages à ce film qui est probablement l’un des plus accessibles réalisés par ce grand monsieur.
Voir sur l’IMDB

#2 Edge Edge of Tomorrow de Doug Liman (la mémoire dans la peau) dont j’avais déjà apprécié le Jumper. Une version « action movie » du jour sans fin, avec un scénario solide, une touche d’humour inattendue et le bon goût de proposer un final ambigu. La bonne surprise de l’année.
Voir sur l’IMDB

#3 Interstellar Interstellar de Christopher Nolan qui livre ici un des films traitant du temps au sens physique les plus aboutis et complexe. Malgré ses nombreux points faibles (quelques libertés prisent avec la physique, les scènes avec Matt Damon, …), ce film est un des grands moments de cinéma que j’ai eu l’occasion de vivre dans une salle obscure en 2014.
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#4 nightcrawler Nightcrawler, premier film de Dan Gilroy. Un film noir, nerveux et sans compromis, porté par un Jack Gillenhall décidément très en forme (voir le sublime Ennemy de Denis Villeneuve).
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#5 Gardiens Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn (l’ineffable Super). Oui, je sais, je suis le cœur de cible marketing de ce film calibré pour plaire aux 30-40 ans avec sa BO 80’s. Mais que voulez-vous, j’ai aimé ce film qui, l’air de rien, représente un tournant pour Marvel. En effet, la maison des idées a prouvé qu’elle pouvait lancer des franchises ne comportant par de héros connus et rencontrer le succès. Lire à ce propos l’excellente analyse du Badass Digest sur la transformation de Marvel.
Voir sur l’IMDB

Ils auraient aussi pu figurer dans mon top 5: Dawn of the Planet of the Apes, X-Men: Days of Future Past (ne serait-ce juste pour la scène hallucinante avec Vif Argent, on vous en a parlé ici) et Gone Girl (David Fincher, toujours aussi bon).

Bonus (à ma connaissance pas sorti en salle et c’est bien dommage): Predestination de Michael Spierig, un film « total Mindfuck » proposant le paradox temporel le plus tordu qu’il m’ait été donné de voir dans un film.

Mon Top 10 des films sortis avant 2014 mais que je n’ai vu que cette année

#1 Enemy Enemy de Denis Villeneuve (sorti en 2013). Un film complexe et fascinant. Ce réalisateur taille sa route vers le sommet de mon panthéon des réalisateurs, après Incendies qui m’avait filé une claque gigantesque, de celles qui laissent des traces de doigts rouges sur la joue encore plusieurs jours après que le mot Fin se soit inscrit sur l’écran.
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#2 High High Fidelity de Stephen Frears (sorti en 2000). Un classic que je n’avais encore jamais vu. 113 minutes de bonheur, un John Cusack au top et un Jack Black presque maigre pour le même prix. Au niveau d’Almost Famous sorti la même année, c’est dire.
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#3 Her Her de Spike Jonze (sorti en 2013). Un des films les plus touchant sur la solitude, l’amour et… les intelligences artificielles.
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#4 Europa Europa Report de Sebastián Cordero (sorti en 2013). Un petit bijou de SF à côté duquel j’étais complètement passé lors de sa sortie. Tendu juste comme il faut et très réussi jusque dans son final un peu prévisible.
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#5 Prophète Un prophète de Jacques Audiard (sorti en 2009). Un film solide, prenant et superbement porté par l’interprétation de Tahar Rahim.
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#6 Mud Mud de Jeff Nichols (sorti en 2012). 2014 aura été pour moi l’année Matthew McConaughey . True DetectiveInterstellar et Mud. Mais comment a-t-on pu passer aussi longtemps à côté d’un tel tallent ?
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#7 Soldier Soldaat van Oranje de Paul Verhoeven (sorti en 1977). Ce film de Paul Verhoeven tourné 10 ans avant RoboCop  est actuellement très difficile à trouver. Etonnant vu la vision très originale qu’il propose sur la 2e guerre mondiale (le point de vue des Pays-Bas). A signaler Rutger Hauer en rôle principal.
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#8 Porte Heaven’s Gate de Michael Cimino (sorti en 1980). Le fameux film qui a coulé United Artists et pratiquement mis fin à la carrière de réalisateur de Michael Cimino est tout simplement excellent. Très long (216 minutes), mais excellent.
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#9 Reds Reds de Warren Beatty (sorti en 1981). La fresque de Warren Beatty est un film à voir, ne serait-ce que pour admirer la beauté de Diane Keaton pendant trois heures.
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#10 Buster_Keaton_-_One_Week__1920__-_YouTube One Week de Buster Keaton (sorti en 1920). Oui, ce film date de 1920. Oui. il est muet et en noir et blanc. Mais bon Dieu, quel rythme, quel humour, quels plans de génie et quelle modernité ! Je ne me souvient pas d’avoir autant rit en regardant un film depuis très très longtemps. A voir sur Youtube.
Voir sur l’IMDB

Ils auraient aussi pu figurer dans mon top 10: Inside Llewyn Davis (2013, parce qu’on ne fait pas la fine bouche devant un film des Frères Coen), Assaut (1976, le film de John Carpenter est indémodable. Une inspiration évidente pour Tarentino, de son propre aveux), Casque d’or (1952, Jacques Becker, Signoret et Reggiani. Intemporel), The Proposition (2005) et Rush (2013).

Voilà de quoi vous occuper, si vous cherchez quelques films à voir en ce début de 2015 et que vous en auriez loupé quelques uns.

Et si l’envie vous prend de partager votre top 2014, les commentaires sont là pour ça.

Carnet noir : René Burri 1933-2014

C’était un des derniers monstre sacré de la photographie. Un artiste de la trempe des Cartier-Bresson et Philippe Halsman. Il a traversé une grande partie du 20e siècle avec son oeil unique et son appareil toujours prêt à témoigner de la beauté du monde ou de l’absurdité de l’Homme.

Renné Burri s’est éteint il y a deux jour à Zurich, à l’âge de 81 ans.

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BRAZIL. Sao Paulo. 1960.
© Rene Burri/Magnum Photos

Il laisse derrière lui une collection de clichés uniques et précieux et un vide sans limite dans le monde de la photographie. Il laisse également une armée de photographes amateurs qu’il aura contribué à passionner pour cet art subtil de la composition, dont je fais partie à mon misérable niveau.

Pour tout cela, merci Monsieur Burri.

✱ ✱  ✱

Crédit photo: La photo illustrant cette news a été vilement copiée, sans autorisation et sans excuse, sur le site de l’Agence Magnum. Il m’étais impossible d’évoquer le travail de René Burri sans l’illustrer par au moins l’un de ses clichés que j’aime le plus. Sur simple demande de l’Agence Magnum, détentrice des droits de cette image, celle-ci sera retirée de ce site.

Ca sent encore (assez) bon en Suisse, merci

C’est la fleure au fusil et rempli de confiance que le bon Jonathan Ive avait déclaré il y a environ une petite semaine que cela allait sentir « mauvais » en Suisse une fois que la montre d’Apple serait sur le marché (lire ceci et cela).

Maintenant que la Watch est sortie et que l’on a quelques idées sur ses qualités (un peu moins sur ses défauts, hein. C’est marrant que l’autonomie de la batterie n’ai pas été évoquée…) et surtout sur son prix, il serait peut-être temps d’apprendre quelques réalités à Jony quant à ce qu’est l’horlogerie suisse.

Apple_-_Apple Watch_-_Design

Le marché auquel Jony pense donner des relents d’excréments représentait en 2013 un volume d’exportation de plus de 20 milliards de francs suisses pour plus de 28 millions de montres vendues, toutes marques suisses confondues (source: statistiques de la Fédération Horlogère Suisse).

Or, la répartition des exportations suisses par gamme de prix est la suivantes:

Sans_titre

Le produit lancé par Apple devant, selon toute vraisemblance, coûter environ CHF 325.-, il se situe clairement dans la catégorie de produits allant de 200 à 500 CHF (170 à 410 €), soit celle représentant environ 17% de la totalité des montres exportées par la Suisse en 2013. Pour vraiment capter une part substantielle du marché de l’horlogerie suisse, Apple devrait sortir un modèle à moins de 200 CHF. Mais ce n’est pas vraiment le trend, n’est-ce pas ?

Oh, and one more thing, mister Ive. Il est aussi (un peu) intéressant de regarder le chiffre d’affaires dégagé par l’exportation des différentes gammes de prix.

Sans_titre

Pas de bol, la gamme retenue par Cupertino ne représente ici « que » 1 milliard 492 millions de francs suisses (1 milliard 235 millions d’euros), soit 7% du total du chiffre d’affaires réalisé à l’exportation par l’horlogerie suisse en 2013 (total: 20’618,6 Mio CHF).

Alors à moins que la version « Edition » ne coûte environ de 8’400 CHF (prix moyen de la gamme supérieure) et soit vendue à plus de 1’600’000 exemplaires, je crois que l’on ne va pas encore commencer à paniquer tout de suite du côté de la Suisse. D’autant plus que ce segment de marché (qui pèse 65% du chiffre d’affaires…) est constitué quasi exclusivement de pièces mécaniques, issue de marques aussi prestigieuses que technologiques. Bref, on est très (très) loin de la montre électronique, là.

Après, je peux très bien me tromper, hein. Surtout à long terme.

Disons que je n’y crois pas trop pour le moment et qu’à la place de M. Ive, je m’informerais un peu avant de balancer des déclarations aussi péremptoires. Qu’Apple s’empare du marché des horlogers suisses avec une montre électronique à moins de 500 CHF reviendrait à tuer le marché de Porche, BMW, Ferrari et Bugatti en vendant des Dacia Logan… C’est possible, mais peu probable.

Si il faut tirer un premier bilan à chaud de la présentation de hier soir, c’est plutôt que la révolution chez Apple se situe en cela que la Pomme, pour la première fois de son histoire, s’attaque à un marché par le bas de gamme. Et ça, pas certain qu’Apple sache le faire aussi bien que par le haut.

25% du prix de votre smartphone a servi a payer des royalties liées à des brevets

Un quart du prix d’un smartphone serait dû aux royalties que le constructeur doit payer aux détenteurs des divers brevets couvrant les composants. C’est en résumé ce que révèle Ann Armstrong (VP chez Intel),  Joseph J. Mueller et Timothy D. Syrett (Avocats chez Wilmer Cutler Pickering Hale & Dorr LLP) dans un article publié le 29 mai 2014 et intitulé « The Smartphone Royalty Stack: Surveying Royalty Demands for the Components Within Modern Smartphones« .

En se basant sur des informations publiques, les auteurs ont estimé que les royalties sur un produit de $400 s’élèvent à plus de $120, ce qui équivaut à peu de chose près au coût des composants internes.

Components Costs

Coûts des composants d’un smartphone
Source: Armstrong, Mueller and Syrett, 2014

L’article donne en exemple les royalties pour l’usage de fonctionnalités LTE se montant à environ $60 alors que le module permettant l’accès au réseau cellulaire coûte en moyenne $10 à $13.

Une autre information pertinente concerne les NPE (Non Practicing Entity ou Patent Trolls) et leur propension à s’attaquer aux fabricants de smartphones. L’article cite en effet une statistique des entreprises les plus attaquées par cette vermine juridique et on y retrouve sans surprise Apple au sommet de la liste.

PatentFreedom

Most Pursued Companies, PATENTFREEDOM.COM
Cette statistique mise à jour se trouve ici:
https://www.patentfreedom.com/about-npes/pursued/ 

Si la lecture de l’article entier vous intéresse (c’est un peu aride, tout de même), vous le trouverez ici: The Smartphone Royalty Stack (PDF – 1,2 Mo)

 

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