Tree of Life


Par David Borel

Autant le dire tout de suite, Terrence Malick est un génie. Et je pèse mes mots.

Le bonhomme a beau ne tourner qu’un film par décennie, il ne fait que des chef-d’œuvres. A tel point qu’il place deux films dans le Panthéon cinématographique de mes 10 films préférés, Tree of Life (L’arbre de Vie) y rejoignant La Ligne Rouge.

Ce film, par ailleurs récompensé d’une palme d’or à Cannes, est superbe. Profond et exigeant, esthétique et cohérent, il explore les thèmes fondamentaux que sont la vie, l’amour et la mort. Un triptyque que le film développe dans un ordre différent au travers de trois parties bien définies.

La trame narrative s’ouvre sur la mort et son cortège de doutes. Malik exploite le drame absolu de la perte d’un enfant pour questionner la foi chrétienne et la relation à Dieu.

La seconde partie nous parle de la vie en une double scène à la symétrie saisissante dans laquelle le réalisateur compare la naissance d’une vie, d’une famille, à celui de la création du monde et de la vie terrestre. Donner naissance à un enfant, lui permettre de se développer, l’aider à répéter inlassablement les mouvements de la marche ou les mots d’une langue jusqu’à la maitrise sont des étapes d’une complexité folle dans lesquelles l’être humain investi chaque parcelle de son âme.

Mais cette création est fragile, la mort pouvant tout réduire à néant, aussi surement qu’une météorite fit disparaitre les dinosaures.

La troisième partie, elle, nous parle de l’amour. Parfois lumineux comme celui de la mère, campée par Jessica Chastain (qui aurait mérité que son nom remplace celui de Sean Penn en haut de l’affiche), parfois torturé comme celui du père (le décidément surdoué Brad Pitt), l’amour n’est jamais simple, ni à donner, ni à recevoir. C’est en substance l’apprentissage que fait Jack, le fils ainé de la famille touchée par le drame. Les apparences sont parfois trompeuses, les intentions maladroites et les conséquences douloureuses.

Malgré les difficultés, les drames et les conflits, l’amour fini toujours par trouver une voie d’expression, du moins dans le film qui se termine dans une épiphanie en forme de réconciliation. Avec soi-même et avec les autres.

Si je devais décrire ce film à l’aide d’une métaphore, je dirais qu’il est un peu comme la ratatouille du film éponyme. Il vous fait gouter à différentes saveurs afin de vous projeter tantôt dans votre propre enfance, tantôt dans la tête des protagonistes. Regarder ce film, c’est faire un voyage intérieur et se laisser porter par les images et les sentiments.

J’ai été profondément ému par cette oeuvre, pour tout dire, jusqu’aux larmes. Certains (beaucoup) n’y verrons qu’un trip New Age esthétisant, mais ce film mérite que l’on s’y abandonne vraiment, totalement, pour en ressentir pleinement le sens.

Pourvu que nous n’ayons pas à attendre une autre décennie avant le prochain Terrence Malick.

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À propos MacBrains
David Borel Responsable Marketing dans une société spécialisée en Veille technologique, j’ai fatalement succombé au charme des produits Apple il y a plus de 10 ans. Cela m’a conduit à fonder MacBrains.info afin de partager cette passion mais aussi de parler de technologie, d’information, de design, de photo et de cinéma. > Pour en savoir plus

6 Responses to Tree of Life

  1. Jérémie says:

    Nous n’aurons pas à attendre une autre décennie. Son prochain film « the Burial » est déjà tourné avec un casting…pour le moins déconcertant puisque Ben Affleck a le rôle principal.

    Sachant que Malick a extirpé de Richard Gere la plus grande performance de sa carrière dans les Moissons du Ciel, j’ai grand hâte de voir de film. Prévu en 2012.

  2. Professeur Van Stoorwan says:

    Heureux que ce film t’ai touché également. Cette fin est incroyablement émouvante. Une sorte de trip existentielle qui va, je pense, plus loin encore que 2001… C’est malin, du coup j’ai envie de le revoir !

    • MacBrains says:

      C’est vraiment amusant que tu cites 2001. En sortant de la projection et en discutant avec Jérémie, c’est aussi le film qui m’est venu à l’esprit.

      J’avoue que je suis aussi tenté par une seconde vision. Mais je crois que je vais me forcer à laisser passer un peu de temps avant de le revoir en vidéo, histoire de bien l’intégrer.

  3. Julienne says:

    Très bel article David, tu as vraiment trouvé les mots justes! Je reviens du ciné et c’était totalement « bouleversifiant » comme diraient certains!

    • MacBrains says:

      Merci et très content que ce film touche d’autres personnes. « Boulversifiant » est effectivement le mot que je cherchais 😉

  4. Ping: X-Men: le commencement | Macbrains

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